Points clés à retenir concernant l'action General Electric en juin 2026
- Les analystes attribuent à l’action General Electric 16 recommandations « acheter », 1 « conserver » et 2 « sous-performance », avec un objectif de cours moyen de 351 dollars, ce qui implique une baisse d’environ 6 % par rapport au cours actuel de 374 dollars.
- Le modèle de scénario intermédiaire de TIKR valorise General Electric à 543 dollars d’ici décembre 2030, ce qui implique un rendement total d’environ 98 %, soit environ 8 % annualisé.
- L'action General Electric semble sous-évaluée sur plusieurs années, l'EBIT devant atteindre 3,03 milliards de dollars d'ici juin 2027, soit une hausse d'environ 18 % en glissement annuel, ce qui soutient une expansion des marges que les analystes n'ont pas encore pleinement intégrée dans leurs objectifs à court terme.
- Les commandes de GE Aerospace ont bondi de 87 % au premier trimestre 2026, avec un chiffre d’affaires des services commerciaux en hausse de 39 % et des livraisons totales de moteurs en hausse de 43 %, alors même que la société a maintenu ses prévisions pour l’ensemble de l’année malgré l’incertitude liée au conflit au Moyen-Orient.
GE Aerospace maintient ses prévisions malgré la crise des prix du carburant au Moyen-Orient
General Electric (GE) fabrique et entretient des moteurs à réaction par l’intermédiaire de sa division GE Aerospace, le principal fournisseur derrière environ les trois quarts des départs quotidiens de vols commerciaux dans le monde.

Lors de la présentation de ses résultats du premier trimestre 2026, la société a annoncé une hausse de 87 % de ses commandes par rapport à l’année précédente, avec un chiffre d’affaires des services commerciaux en hausse de 39 % et un nombre total de livraisons de moteurs en hausse de 43 %.
Cette bonne performance s’inscrit dans un contexte de véritable perturbation. Le nombre de vols au niveau mondial n’a progressé que de quelques points de pourcentage au cours du trimestre, plombé par une baisse de plusieurs points de pourcentage du trafic aérien au Moyen-Orient liée au conflit régional, ce qui a conduit la direction à revoir à la baisse ses prévisions annuelles de croissance du nombre de vols, passant d’une croissance de l’ordre de 5 % à une croissance stable ou de l’ordre de quelques points de pourcentage.
Malgré cela, la société a maintenu ses prévisions pour l’ensemble de l’année plutôt que de les revoir à la baisse. Le PDG Larry Culp a abordé cette tension de front lors de la conférence téléphonique : « Sans les événements actuels, nous parlerions ce matin d’une révision à la hausse des prévisions, et non pas de nuances et de signaux indiquant une évolution vers la limite supérieure de la fourchette existante. » Ce commentaire a permis de recadrer le trimestre comme une histoire de potentiel de hausse freiné plutôt que de faiblesse émergente.
Ce qui étaye cette affirmation, c’est la visibilité sur le carnet de commandes. La société a entamé le deuxième trimestre avec plus de 95 % de son chiffre d’affaires de pièces de rechange déjà comptabilisé et la quasi-totalité des visites d’entretien prévues déjà effectuées, ce qui lui donne une bonne visibilité sur son chiffre d’affaires de services à court terme, indépendamment des perturbations macroéconomiques.
Mais l’élément le plus marquant réside dans l’évolution de la structure des marges. La rentabilité du marché des pièces de rechange des moteurs LEAP, qui n’est devenue positive qu’en 2024, suit désormais une trajectoire qui, selon le directeur financier Rahul Ghai, permettra de se rapprocher des marges globales du segment CES d’ici 2028, grâce à des interventions en atelier à plus forte valeur ajoutée, à la croissance des réparations pour le compte de tiers et à une tarification post-lancement qui porte enfin ses fruits dans le cadre de contrats de maintenance à long terme.
Ce changement structurel importe davantage que les chiffres de livraison d’un trimestre donné, car il détermine dans quelle mesure la forte hausse actuelle des commandes se traduira par un bénéfice d’exploitation durable plutôt que par un volume ponctuel.
L’action General Electric suscite une forte conviction d’achat malgré un objectif inférieur à celui du marché

Wall Street attribue à l’action General Electric 16 recommandations « d’achat » contre seulement 1 « conserver » et 2 « sous-performance », ce qui représente l’un des déséquilibres les plus marqués en faveur des recommandations positives parmi les valeurs industrielles à grande capitalisation. L’objectif de cours moyen s’établit à 351 $, ce qui est inférieur au cours actuel de 374 $ et implique que l’analyste moyen prévoit un potentiel de hausse limité à court terme à partir de ce niveau. Cet écart s’est fortement réduit au cours de l’année écoulée.
Wall Street prévoit une croissance de 18 % de l’EBIT de General Electric au trimestre se terminant en juin 2026

Les analystes tablent sur un EBIT de General Electric de 2,57 milliards de dollars pour le trimestre clos en juin 2026, en hausse d’environ 10 % en glissement annuel, avec une marge d’EBIT se maintenant autour de 22 %. À plus long terme, les analystes prévoient que l’EBIT atteindra 2,68 milliards de dollars d’ici septembre 2026 et 2,89 milliards de dollars d’ici mars 2027, soit une hausse d’environ 14 % en glissement annuel, avant de grimper à 3,03 milliards de dollars d’ici juin 2027, soit une hausse d’environ 18 % en glissement annuel.
Cette trajectoire correspond parfaitement à ce qu’a décrit la direction lors de la conférence téléphonique du premier trimestre : les visites d’ateliers LEAP devraient croître à un taux annuel composé de 25 % jusqu’en 2030, tandis que les visites d’ateliers CFM56 devraient rester stables, entre 2 300 et 2 400 par an, jusqu’en 2028.
Les deux plateformes devraient générer des bénéfices en dollars à peu près équivalents d’ici 2030, selon les commentaires formulés lors de la Bernstein Strategic Decisions Conference en mai.
La question qui se pose en fin de compte est de savoir si l’objectif moyen de 351 dollars fixé par les analystes reflète réellement cette trajectoire des marges, ou s’il reste ancré sur le ralentissement à court terme des départs lié au conflit au Moyen-Orient, plutôt que sur l’accélération de l’EBIT sur plusieurs années que les analystes eux-mêmes modélisent.
La croissance de l’EBIT de l’action GE reste plus stable que celle de HON et RTX jusqu’au début de 2027

L’EBIT de l’action General Electric a progressé de 9 % en mars 2026, devançant largement les 5 % de RTX Corporation (RTX) et les -8 % de Honeywell (HON) sur la même période.
L’écart se creuse sur la période de prévision : la croissance de l’EBIT de GE est estimée à 16 % d’ici septembre 2026 et à 18 % d’ici décembre 2026, tandis que RTX reste à la traîne avec respectivement 5 % et 10 %. La trajectoire de Honeywell est plus volatile, oscillant entre -4 % en septembre 2026 et 31 % en décembre 2026, avant de retomber à 8 % en mars 2027.
C’est cette régularité qui constitue l’avantage concurrentiel. La croissance de l’EBIT de GE ne descend jamais en dessous de 9 % sur l’ensemble de la période couverte par les données réelles et les estimations, tandis que ses deux concurrents affichent des trimestres négatifs ou à un chiffre, ce qui confirme que l’expansion des marges de GE Aerospace, tirée par les services, est plus stable que les cycles des biens d’équipement qui régissent HON et RTX.
L'objectif de 543 dollars fixé par TIKR pour l'action GE reste valable, si l'inflexion de la marge LEAP suit les prévisions du modèle
Le scénario central du modèle de TIKR valorise General Electric à environ 543 dollars d’ici décembre 2030, ce qui implique un rendement total d’environ 98 % par rapport au cours actuel de 374 dollars, soit environ 8 % annualisé sur les 4,5 prochaines années.

Ce rendement annualisé est nettement supérieur à ce que les investisseurs attendent généralement d’une entreprise industrielle mûre, reflétant une valorisation fondée sur un inflexion de la marge plutôt que sur la seule expansion des multiples, puisque les prévisions du modèle lui-même tablent en réalité sur une légère compression du ratio cours/bénéfice d’environ 2 % par an jusqu’en 2030.
Cet objectif est réalisable car la croissance de l’EBIT, déjà visible dans les estimations à court terme des analystes, qui devrait atteindre 3,03 milliards de dollars d’ici juin 2027, correspond à la dynamique vers laquelle la direction a orienté ses prévisions pour la seconde moitié de la décennie : les marges des services LEAP devraient converger vers celles du CFM56 d’ici 2028, et le parc installé de moteurs LEAP devrait doubler d’ici 2030, ce qui augmentera le volume des visites en atelier tout en améliorant la rentabilité unitaire.
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